Lettre ouverte au président de la commission médicale et technique chargée du dossier des blessés de la révolution

A l’adresse du Docteur Adel Omri, président de la commission

Notre collectif, le Collectif Vérité et Justice, se joint à Khaled Ben Nejma, sa famille et ses ami-e-s, pour vous interpeller sur les décisions graves, dangereuses, portant atteinte au droit à la santé et à la dignité de ce blessé de la révolution que vous avez prises pour lui.

Nous ne reviendrons pas ici sur tous les dossiers des blessés de la révolution, nous aurons l’occasion d’y revenir.
Nous ne traiterons pas de votre attitude dont se plaignent les blessés.
Nous ne vous demanderons pas combien de blessés vous avez suivis et combien parmi eux sont au bout de leur parcours de soins, nous savons qu’ils sont si peu nombreux que nous n’arrivons pas à les dénombrer.

Nous ne parlerons ici que du dossier de Khaled Ben Nejma dont le calvaire se poursuit depuis quatre ans et que vous venez de diriger vers le service de neurochirurgie de l’hôpital Fattouma Bourguiba pour subir des interventions qui étaient, de l’avis de plusieurs de vos confrères, vouées à l’échec.
En tant que citoyennes et citoyens de ce pays, nous voulons plutôt vous interroger sur l’éthique que vous et vos confrères membres de cette commission avez mise en avant pour prendre cette décision.

La création d’une commission médicale et technique « chargée d’étudier les dossiers du remboursement des dépenses de soins et de suivi des cas urgents des blessés de la révolution de la liberté et de la dignité ainsi que le suivi de tous les dossiers médicaux ayant une relation avec les blessés de la révolution » était censée rassurer les concernés, leurs familles et l’ensemble de la société.

Cette création était censée respecter et mettre en œuvre une certaine éthique, considérée un des attributs des médecins, là où la morale des politiques était absente. Nous avions espéré mais l’observation de vos choix et de vos méthodes ne nous laissent plus d’espoir.
Nous ne vous ferons pas l’offense de vous rappeler que sans Khaled, les martyrs et les blessés de la révolution, notre pays n’aurait pas pu aspirer à la liberté et la dignité.

Nous ne voulons pas discuter des détails techniques relatifs aux besoins de Khaled, et sommes sûrs, que vous opposerez à nos arguments une foule de justifications.

Les besoins en soins médicaux de Khaled et la complexité de son état de santé, vous, vos confrères de la commission et autres experts, êtes mieux à même de les évaluer, certes.

Le calvaire qu’endure Khaled depuis quatre ans, et sa perte de confiance en la capacité des médecins tunisiens, commune à la quasi-totalité des blessés, nous les avons entendus et nous en sommes, avec d’autres, les témoins.

Vous avez fait le choix de faire opérer Khaled en Tunisie, pour fixer un implant pouvant stopper les douleurs qu’il ressent et qui l’empêchent de vivre et de se reconstruire ; opération qui n’a jamais été tentée en Tunisie et qui se fait dans très peu se services dans le monde.

Nous y voyons là un choix qui selon nous va à l’encontre de l’éthique et la morale.

Ce choix se justifierait-il par les calculs de coût qu’aurait occasionné cette intervention à l’étranger ? Dans ce cas, vous, Docteur et vos confrères de la commission, choisis par des autorités politiques qui n’ont pas cessé de maltraiter les blessés de la révolution en les sacrifiant à leurs calculs pour le pouvoir, avez assuré la continuité de la maltraitance.

Dans ce cas aussi, vous avez aussi enfreint à une règle : en matière de soins, vous êtes appelés au respect de la dignité humaine, valeur inconditionnelle à la base de votre pratique, en refusant toute idée de rentabilité. Vos choix ont laissé Khaled penser qu’il a servi de cobaye.

Enfin en ne tenant pas compte de son état de santé global, vous avez compromis ses chances de croire à un mieux vivre.

L’éthique médicale place le patient au cœur de votre démarche. Nous sommes en droit de vous questionner : Khaled y a-t-il eu droit ? A-t-il été associé en toute conscience et en toute liberté à vos choix ? En prenant cette décision, avez-vous pensé aux effets de l’échec sur lui, sur le plan physique et moral ?

En parlant d’éthique, et en plus d’avoir pris une décision inutile et dangereuse, nous considérons que vous avez atteint à son droit à la santé et au confort, principes de droits humains à la base de votre éthique. Mais il est vrai que dans notre pays, la question des droits humains en relation à la médecine est peu posée. Et Khaled en a fait les frais.

Reste que nous sommes aussi en droit de nous interroger sur les raisons qui ont fait que vous ayez choisi de faire opérer Khaled à Monastir, et non à l’Institut de Neurologie de la Rabta considéré comme le centre le plus performant, et où les équipes ont plus d’expérience. Nous ne voulons pas conclure sur un éventuel refus de ce dernier de prendre en charge Khaled, ce qui nous amènerait à soulever un autre problème d’éthique.

Pour toutes ces raisons, Docteur Omri,

Nous vous demandons de réévaluer votre stratégie et vos choix,

D’accélérer la prise en charge de Khaled dans un service spécialisé compétent à l’étranger pour procéder à la mise en place de l’implant qui mettra fin à son calvaire,
De prendre toutes les mesures nécessaires pour que Khaled Ben Nejma ait droit à la santé et au confort, y compris en intervenant sur l’amélioration de ses conditions de vie d’adopter une approche éthique qui rende à tous les blessés leur dignité,

Le Collectif Vérité et Justice


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